Mon ampli ! National Panasonic – Technics SU 3400 ( 1973 )


Pourquoi mon ampli préféré ?

C ‘est le premier ampli Hi-Fi que j’ai acheté en 1973 et que j’avais payé une petite fortune : 3 500 francs de l’époque ( trois mois de SMIG brut de 1973 ): de quoi s’acheter une chaine complète ! Mais après l’avoir écouté sur des Cabasse, et être allée écouter d’autres marques renommées, c’est toujours vers cet ampli que je revenais.

Hélas dix ans plus tard, j’ai du revendre ma chaîne pour passer un moment très difficile.

Inutile de dire que je l’ai beaucoup regretté, et aucun des amplis et chaînes que j’ai eues plus tard, n’ont pu rivaliser.

Même les Technics qui ont suivi, à part le haut de gamme n’étaient pas aussi bons, ni aussi lourds. ( le poids ne joue pas dans l’écoute, mais le chasis du SU 3400 est vraiment très pro.

La face avant s’incline pour avoir accés au circuit imprimé qui regroupe les éléments de la face avant.

Face_AV_Pivotante

Mais je viens de le retrouver en occase sur le bon coin pour une centaine d’euros, en état de marche.

reception ampli SU 3400
Autant d’émotion que lorsque j’ai ramené le premier à la maison en 1973.

Il est en excellent état extérieur, pas une seule rayure.

A l’époque National Panasonic, qui fabriquait du matériel grand public de qualité, voulait conquérir le marché de la Hi Fi sous la marque Technics avec ce slogan:

« La marque qui ne fait pas de bruit : seulement de la musique »

Cet ampli a été étiqueté sous les deux noms : National Panasonic l’ampli en démo et Technics celui qui m’a été livré.

National Panasonic pour celui que je viens de retrouver, mais c’est exactement le même modèle.

On notera entre les potentiomètres graves aigus des deux voies, sur la gauche , et le potentiomètre de volume, deux commutateurs.

Ces deux commutateurs permettent de modifier les points d’inflexion grave et aigus du correcteur de tonalité baxandall.

150 Hz ou 500 Hz pour les graves.
2 kHz ou 6 kHz pour les aigues.

Rare sur les autres amplis de l’époque, mais c’est un plus indéniable. Ca permet de ne remonter que l’extrême grave par exemple pour souligner une contrebasse, ou l’extrème aigu, sans altérer la voix.

La face AR :

Très Vintage les prises DIN 5 broches à l’arrière, pour les magnétos, le tuner et le phono : A l’époque Dual, Uher, par exemple étaient équipés en DIN.

Embase DIN 5 broches

Embase DIN 5 broches

Le RCA s’est généralisé ensuite.

On remarquera les deux cavaliers ( au centre , en haut ) sur des prises RCA pour séparer la sortie préampli de l’entrée ampli, qui a disparu sur les modèles suivants.

Vues intérieures :

Pour cet ampli, que je trouve assez aéré avec un cablage propre qui n’encombre pas, Technics a choisi de le réaliser avec des cartes séparées.

Une très bonne idée.

vue de dessus générale :

SU 3400 vue intériur générale

A gauche la carte alim de puissance, réduite à sa plus simple expression les fusibles, 4 diodes et à coté les condensateurs de filtrage en très bon état apparent ( aucune trace de remplacement de ses condensateurs ).

A droite des gros condensateurs de l’alim de puissance, la carte préampli avec son alim séparée;

Plus a droite la carte préampli phono sous un blindage métallique.

Vue de la platine avant :

vue de la platine avant.

Les potentiomètres et commutateurs sont montés sur une platine , en retrait de la face avant.

Au premier plan le blindage de la carte préampli phono.

Les potentiomètres ressemblent étrangement aux modèles ordinaires de l’époque, pourtant sur mon ampli trente ans plus tard aucun craquement audible.

Au cas où, leur remplacement par un modèle récent de bonne qualité serait assez assez aisé.

Un correctif s’impose : En service depuis deux ans, avec pas mal d’heures de marche, les potars ont commencé à cracher.

A y regarder de plus près potars graves et aiguës sont séparés pour chaque voie, ils devraient donc être des simples, or ce sont des doubles et avec des valeurs différentes : autrement dit des moutons à cinq pattes ( à cause de la commutation des fréquences charnières du correcteur de tonalité ) introuvables dans le commerce ! Surtout avec ces valeurs ( sinon on en trouve pour les guitares Fender en 100 K et 250 k ). D’autre part ils sont asymétriques, ainsi que celui de la balance ( résistance constante sur une moitié droite ou gauche et variable sur l’autre moitié ; du jamais vu, d’ailleurs sur le schéma leurs symboles laissent pressentir une singularité, confirmée par les types BH DH et WH ). Une fabrication spéciale pour Technics, qui a fini par abandonner cette fonctionnalité sur les gammes suivantes. Fort heureusement j’ai pu les sauver en injectant de l’huile de vaseline avec une seringue, sinon j’avais droit à les remplacer par des potars commutés à résistances fixes, sur mesure, beaucoup plus chers. Voir : https://passionhifivintage.wordpress.com/2013/12/19/revision-ampli-technics-su-3400/

Vue rapprochée des condensateurs de filtrage.

Ils sont comme neufs : aucune trace de gonflement , ni de coulure ( vue de dessous )

Deux ans plus tard, c’est la même chose, et l’ ESR est excellent ! Etonnant après 40 ans

Au fil de mes investigations je me demanderais si cet ampli n’a pas été oublié dans un dépot dans son emballage : aucune trace d’échauffement, ni de rénovation ( à part deux soudures moins oxydées que l’ensemble ).

Un copain d’un forum qui vient d’en récupérer un en National Panasonic, me dit la même chose ! on croirait qu’il est jamais sorti du carton.

Etage de puissance :

Etage de puissance

2SA627 & 2SD188

montés sur un support :

etage de puissance  support

Entouré en rouge , une petite carte de 1 cm2 qui supporte un transitor , qui semble destiné à mesurer la température des radiateurs. Il est positionné dans une lumière , sans toucher l’alu du radiateur.

On les retrouve sur le schéma de la carte ampli de puissance.

Passons au dessous :

Vue de dessous

On voit alors le coté composants de la carte de puissance, logée sous les radiateurs.

Aucune trace d’échauffement.

sur les résistances du circuit de puissance.

Vous noterez le repérage des pins du ciruit imprimé qu ‘on retrouve sur les schémas.

resistances 0 47ohms

Les rares soudures plus brillantes que celles d’origine :

le relais de sécurité :

traces de soudures récentes

trace de soudure récente

Impatiente de mettre l’ampli sous tension et de l’écouter, mais lundi, tout est fermé.

Le vendeur m’a garanti qu ‘il fonctionnait.

Mais je pense que cet ampli a peu servi.

Première écoute.

Je suis allée voir des enceintes dans un magasin du coin et je suis revenue avec deux yamaha : les moins mauvaises du lot.

Autant qu ‘on puisse juger de la qualité d’enceintes, avec une cassette de démo genre musique « prisu », franchement pas de quoi craquer pour l’une ou l’autre.

N’ayant pas de voltmètre pour vérifier que les sorties des enceintes sont à 0 volt, je fais toucher brièvement le second fil que je n’ai pas vissé.

Ouf pas le moindre petit clock ( volume à zéro, puis volume à fond )

Une fois les enceintes raccordées, je bouge tous les potentiomètres, et j’entend des crachotements épouvantables.

Après plusieurs manœuvres, les crachotements disparaissent.

Un Miles Davis avec le big band de Gil Evans dans le Micromega et je suis sur une autre planète, même avec ces enceintes modestes.

Quelle dynamique lorsque la rangée de cuivres, lance une attaque..

Les voisins d’en face m’interpellent c’est trop fort.

« Oh calmos les vieux grincheux, je suis même pas à la moitié. »

On distingue très bien tous les instruments, et particulièrement le vibraphone, dont on suit l’extinction jusqu ‘au bout malgré le big band..

Puis un Galliano. Le piano à bretelles,c’est particulier. On s’en lasse vite si le son n’est pas très bon, même avec Galliano. J ‘écoute le CD jusqu ‘au bout, on entend bien respirer l’instrument et on peut apprécier son jeu subtil.

Dans le labo où je bossais, chacun ou presque a essayé de monter son ampli Hi Fi à transistors, ce qui a permis de voir plusieurs variantes de schémas.

Tous plus décevants que les autres : une fois c’était le schéma, une autre fois les composants, une autre le circuit imprimé mal dessiné.

On avait le choix entre la dynamique ou le souffle, mais pas les deux…

Si les règles pour faire un ampli Hi FI à tubes , sont connues et simples ( mais le transfo de sortie coûte une petite fortune), ce n’était pas le cas avec les transistors.

National Panasonic a créé cet ampli OCL ( output capacitor-less ) sans condensateur sur la sortie HP, qui constitue un filtre et une impédance sur la sortie des enceintes.. et qui coute cher.

http://en.wikipedia.org/wiki/OCL_Amplifier

Ca permet d’avoir plus de puissance , d’étendre la bande passante dans le grave, de réduire l’impédance de sortie ( vs celle des enceintes ) et d’augmenter le facteur d’amortissement ( damping factor )

Un amortissement élevé empêche la menbrane du HP de basses de vibrer d’elle même après une sollicitation, générant ainsi des sons parasites autour de la basse.

http://www.crownaudio.com/pdf/amps/damping_factor.pdf

Ca permet de réaliser des amplis très simples, des amplis puissants et pas chers, mais ce n’est pas sans inconvénient.

Exemple :

schéma ampli OCL

exemple de schéma d'ampli OCL

Sans condensateur de sortie , les enceintes sont alimentées en courant continu et non seulement il faut ajuster le courant de polarisation pour avoir 0 volt en sortie en l’absence de signal, mais ça doit rester stable.

Aussi compte tenu du prix des enceintes, il y a une sécurité qui détecte une composante continue sur la sortie HP, généralement calée à 35 mV.

Le Manuel de Service que j’ai pu récupérer, explique comment faire le réglage du bias, pour avoir 0 volt en sortie.

C ‘est un montage push pull avec un NPN pour le coté + du signal et un PNP pour le coté –

Là aussi avec le Push Pull il y a un point délicat, autour du zéro avec une distorsion lors de la commutation entre les deux transitors.. en particulier pour les très faibles niveaux de sortie ( surtout lorsqu ‘on est en basse tension d’alim avec des transistors )

Probleme Push Pull

dead zone

Ca convient pour un ampli de sono qui en général envoie de la sauce, mais ce n’est pas bon pour la Hifi : dans la musique classique ou même le jazz, on a des passages à très faible niveau.

D’où la difficulté de faire des amplis Hi Fi à transitors.

Mais il y a bien d’autres dispositions dans cet ampli SU 3400, pour améliorer ses performances..

Technics était la seule marque qui osait donner dans la notice qui accompagne l’ampli, sur des courbes : le taux de distorsion sur toute la plage et à divers niveaux d’écoute.

Beaucoup de marques se contentent de donner la distorsion à 1 kHz avec un niveau de puissance réduit. Ce qui laisse redouter les pire aux extrêmes ou a fort niveau d’écoute.

Le SU 3400 avec de bonnes enceintes, dur à prendre en défaut, quel que soit le genre de musique, ou d’instrument, aussi bien en écoute à bas niveau le soir à la maison, ou à la campagne pour une fête avec une centaine d’invités. Je ne voulais pas me farcir une sono de location toute la soirée pour cette occasion. Avec mon frère nous avions passé trois week-ends à faire les bandes sur son TEAC, pour ne pas avoir à jouer au DJ, ni manipuler des vinyles dans ces circonstances.

Cet ampli se mariait bien avec les Sampan léger, de Cabasse. j’ai écouté sur des Sampan lourd, j’ai préféré les premières.

Lors des solos de basse, les notes étaient bien détachées, même à haut niveau.

J’ai un disque test assez difficile, et qui par exemple sortait un bourdonnement sourd sur des chaînes avec ampli de graves et caisson de basses séparés.

C’est Larry Taylor à la basse ( j’ai quelques disques où il joue avec d’autres formations ) et Fito de la Parra à la batterie, dans un live Fried Hocky Boogie. ( par contre j’ai du mal à supporter les essais de larsen controlé de Henri Vestine, technique que d’autres guitarites ont mieux maitrisé par la suite ).

http://www.youtube.com/watch?v=j7EPIYlyUIM

solo de basse à 2′ 47″ solo de batterie à 8′ 40″

En l’écoutant à un bon niveau la basse restait sèche sur le Technics et on pouvait placer chaque caisse avec beaucoup de précision lors du solo de batterie. On se serait crus sur scène au milieu des musiciens.

Je possède également un disque classique avec de la contrebasse jouée à l’archet, avec le niveau qui monte, qui monte….. , on se demande si ça va tenir jusqu ‘à la fin.. Examen réussi !

A cette époque j’avais des copains qui jouaient du jazz, j’assistais souvent à leurs répétitions, c’est ainsi que j’ai découvert le jazz, avec le véritable son des instruments et commencé à l’aimer.

Sur cette chaine Technics & Cabasse, c’était un pur bonheur d’écouter mes disques de jazz préférés : Art Blakey, Dave Brubeck , Stan Getz , Miles Davis, mais aussi du Nougaro pazrticulièrement ce morceau avec Baden Powell à la guitare : Brésilien (mon frère d’armes , sur le parcours du coeur battant).

http://www.music-story.com/claude-nougaro/femmes-et-famines

Une vidéo des retrouvailles.

http://www.youtube.com/watch?v=rA4FWOiXWQ0

Je pense que j’aurais beaucoup de plaisir à réécouter sur mon Technics avec mon nouveau lecteur Microméga , les CD que j’ai achetés ensuite.

Pour les enceintes, je ne sais pas encore ce que je vais choisir, les nouvelles Cabasse me plaisent moyen.

Je vais devoir partir avec mon ampli sous le bras.

Pour l’écoute au casque , la prise est raccordée sur la sortie ampli avec une résistance de 470 ohms 2W en série.

Lorsque j’ai écouté le proto de Microméga, je n’avais pas une chaine aussi bonne, il aurait fallu tout changer pour qu ‘elle soit à la hauteur de ce lecteur de CD.

Le schéma de la carte ampli refait avec TinaTi

SU3400_AMP

Je n’ai pas les fichiers spice des transistors du Technics ( je n’ai que des composants Texas ), donc les valeurs de tension indiquées sur cet écran ne sont pas bonnes.

Mais le schéma est plus lisible que celui du manuel..

Un jour je referais les fichiers spice des transistors utilisés à partir de leur datasheet.

J ‘ai également commencé à rentrer dans TinaTi, celui du préampli correcteur de tonalité, qui n’est pas un baxandall conventionnel, avec les fréquences charnière commutables.

Cet ampli est vraiment extraordinaire. En préparant sa révision je vais de surprise en surprise.

A l’époque il apportait pas mal d’innovations, notamment sa conception OCL ( ampli à couplage direct sans condos de liaison et sans condos de sortie ) qui a permis de faire un bond significatif dans les performances par rapport à ce qui se faisait à l’époque.

Mais un ampli OCL fait courir un risque aux enceintes en cas de défaut sur l’étage de sortie de l’ampli. Elles risquent d’être traversées par une composante continue de qq volts, jusqu ‘à la tension d’alimentation. ce qui peut les détruire en qq minutes.

C ‘est encore National Panasonic qui installe une première protection électronique des enceintes. Elle souffre d’un gros défaut de conception, mais ce sont les balbutiements : c’est complètement bourrin , mais efficace ! 🙂

D’autres amplis OCL vendus dans les mêmes années comme le Marantz PM 200, le Revox A78, le Dual CV 120, n’en avaient pas. Juste avant avec les condos en sortie comme sur un Scott, personne n’avait cramé une enceinte à 10 000 balles !

Protection qui a évolué au fil des ans sur les modèles suivants, jusqu ‘à un standard repris par presque toutes les marques :

https://passionhifivintage.wordpress.com/2014/01/27/erreur-de-conception-de-la-carte-de-securite-technics-su-3400/

https://passionhifivintage.wordpress.com/2014/01/28/refection-de-la-carte-de-securite-hp-du-su-3400/

Puis le Baxandall avec fréquences charnières commutables ! Oui mais à quel prix ? Des doubles potars avec des valeurs différentes et des pistes asymétriques, faits sur mesure. Genre de moutons à cinq pattes absolument introuvables aujourd’hui. ( ouf récupérés avec de l’huile de vaseline, surtout pas de KF2 )

https://passionhifivintage.wordpress.com/2013/12/19/revision-ampli-technics-su-3400/

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6 commentaires pour Mon ampli ! National Panasonic – Technics SU 3400 ( 1973 )

  1. kraemer dit :

    bonjour,
    avez vous un schémas de cet ampli Technics SU3400 ou de l’ampli National Panasonic SU3400 ?
    CORDIALEMENT
    KR

  2. jacqueline73 dit :

    Oui , ça part sur votre mail.

    • timehobby dit :

      ok, merci pour votre réponse rapide , savez vous comment qu’on règle la valeur du bias
      et de l’offset d’un ampli à transistor ?
      slt

  3. j ai une chaine hifi technics su /x320 pxs cap est je suis tres contemps mais je rencontre des problèmes elle demarre quand elle veux /parfois5h apres/si je monte le son trop haut elle arrete et ne demarre plus??on ma conseiller de changer le condensateur bleu de demarage derriere le bouton m/a elle a marcher impecablement a haut regime je l ai arretee normalement et depuis elle ne veux plus redemarer??on me conseille de changer le circuit integre comment le tester??que penssez vous ?????merci

    • jacqueline73 dit :

      Bonjour Jean Marie.

      Je ne suis pas très disponible en ce moment pour gérer un dépannage à distance. Vous devriez vous adresser à un forum où il y a plus de gens disponibles et susceptibles de vous aiguiller.

      Cordialement

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