Lecteur de CD Haut de Gamme Kenwood DP 1100 SG ( 1988 )


Arrivé hier matin…..

Kenwood DP1100SG

Bien que je sois pressée de l’écouter, j ‘ai attendu deux bonnes heures pour qu ‘il prenne la température ambiante, avant de le brancher et de mettre un CD, car il était frigorifié..

J ‘ai lu beaucoup de doc sur ce lecteur, les revues audiophiles de l’époque ne tarissent pas d’éloges.

En 1988 Kenwood proposa sur le marché un platine « révolutionnaire » : enfin un lecteur CD « écoutable » aux oreilles des audiophiles !

Mais 20 années ont passé , les techniques numériques ont bien évolué, et ce lecteur n ‘est pas neuf.

Dès le premier CD , je suis bluffée, et je comprend qu ‘il va surclasser haut la main mon Micromega CD 132 SE. ( un modèle de 2010, qui se vendait encore 799 € ) avec une double alimentation ( version SE ) et dont l’équivalent aujourd’hui est le CD 20 à 1100 €

Le CD « The Doom Trio » commence par une intro à la batterie de Tonny Williams. Lorsqu ‘il joue sur les cymbales, c’est une véritable explosion sonore.

Je peux placer les cymbales avec précision, et je me surprend à dire : « celle là est plus haute que les autres » ( l’effet stéréo ne permet pourtant pas de différencier la hauteur , mais la position d’attaque de la baguette change et on imagine Tonny Williams lever le bras pour atteindre le sommet et pas le bord de cette cymbale ..

On distingue avec beaucoup de facilité les notes des différentes cymbales. Le coup de baguette sur une autre cymbale, ne recouvre pas les vibrations de la précédente dont l’extinction dure plusieurs secondes..

On ressent toutes les variations d’amplitude selon la force de l’attaque et on est comme enveloppée par ce feu d’artifice des cymbales..

Les cymbales constituent un instrument très complexe avec une forme en double calotte sphérique de diamètres différents qui génère beaucoup d’harmoniques, et la répartition de ces harmoniques varie de l’attaque jusqu’à l’extinction. Un système dynamique très difficile à modéliser dans les synthétiseurs, composé de trois phases.

http://cfa.sfa.asso.fr/cd1/data/articles/000061.pdf

Cymbale

La restitution des cymbales sur le Kenwood est d’un réalisme bluffant, on se croirait devant la batterie en répétition ou en master class.( des moments que j’ai connu souvent et avec de supers batteurs, profs de batterie ).

La prise de son d’une batterie est aussi très complexe , en particulier celui des cymbales qui varie en fonction de l’orientation et de la distance , mais aussi de la courbe de directivité sensibilité des micros.. La sonorisation des caisses de batteries en concert a débuté dans les années fastes des 70’s

Lorsque j’avais écouté ce CD sur le Micromega, avec le nouvel arrivé l’ampli Marantz PM72 sur les Dynaudio, la dynamique dans les transitoires, nombreux sur les batteries et percus, et le placement précis des toms et caisses avec l’effet stéréophonique, m’avaient séduite. Puis sur sur d’autres écoutes, j’ai trouvé ce son un peu « dur », trop sec, j’oserais presque dire un peu agressif.

Sans perdre en détails bien au contraire, ni en précision, avec le Kenwood cette sensation de « dureté » et de « sécheresse » que je n’avais pas avec le Technics a disparu, pour donner un son qu ‘on peut qualifier de plus analogique, plus naturel..

L ‘alliance Microméga, PM 72 survitaminé et Dynaudio ( très flat) n’était sûrement pas la meilleure qui soit..

Sur les roulements on perçoit mieux le jeu tout en nuances de Tonny Williams..

Ce n’est pas pour rien que Tonny Williams était considéré comme un des meilleurs batteurs du monde. J ‘ai eu l’occasion de le voir en concert. Sa façon de s’installer à la batterie était très origininale, il est arrivé en sautant pour retomber sur son siège et enfoncer la pédale de grosse caisse et nous gratifier de roulements très rapides.. Son solo est resté dans ma mémoire comme un moment magique.

Une anecdote : Au salon de la Musique à La Villette, à l’époque de l’essor des batteries électroniques dans les années 80, tous les fabricants faisaient des démos de leurs boites à rythme. Au bout d’une heure de ce tintamarre c’était devenu un supplice, je suis partie me réfugier chez les luthiers.. Quand on a fait taire tout le monde pour écouter la démo des batteries conventionnelles Gretch, avec un super batteur de jazz. Quel plaisir ! De quoi oublier tous ces gadgets électroniques. Une batterie de Jazz ça sonne vraiment bien, c’est un instrument de musique et avec un virtuose aux baguettes, je me délecte..

C ‘est surtout le son de la guitare de John mac Laughlin, façon Hendrix ( à cette période ), qui en bénéficie. Les aiguës sont moins criards, moins perce oreilles. En réécoutant cet album, on se surprend au contraire à tendre l’oreille , pour mieux apprécier la dextérité de son jeu de vibrato. J ‘ai eu la chance de le voir en concert avec mon fils, on était assis au premiers rangs, un concert mémorable..

Je serais curieuse d’analyser un jour les spectres de ces passages, avec un micro et Audacity..

Kenwood DP 1100 SG Dos

Kenwood DP 1100 SG Pupitre

Kenwood DP 1100 SG Gauche

On en parle ici :

http://www.tvcaudio.com/tvc/Kenwood/Kenwood1100SG.html

Je suis pressée d’écouter Miles Davis : Kind of blue, puis Amandla. Je ne trouve pas les mots… Mais c’est tout simplement sublime. Le son de sa trompette est d’une pureté ! On ne se lasserait pas de l’écouter..

Pourtant je n’avais pas trouvé ces rééditions, très bien enregistrées. Amandla en particulier qui semble avoir moins de dynamique que le CD original que je n’ai pas ici, passe très bien sans avoir besoin de monter le volume. Tous les instruments sont bien détachés.

Plus de détail aussi sur un Brassens, dont l’enregistrement m’avait un peu déçue, on le sentait loin du micro. Avec le PM 72, il semblait s’être un peu rapproché. Ce n’est pas un « guitar heroe », mais avec le Kenwood sa guitare nous offre des sonorités beaucoup plus riches, et on détaille plus les subtilités du jeu de son contre bassiste qui ne fait pas que du poum poum poum.

Moment très attendu : Hadrien Ferraud un bassiste ( le nouveau Pastorius , avec une vélocité incroyable, et des effets pédale wha wha sublimes) en compagnie de divers musiciens qu ‘il a invités pour enregister son premier album. La grosse caisse de la batterie est réglée pour donner un son très mat à la limite de l’infragrave. On imagine une grosse caisse de très grand diamètre. Les dynaudio poussées par le Marantz très puissant, restituent ce son sans altérer la basse.

Sur le deuxième morceau il fait un duo avec un autre bassiste renommé Dominique di Piazza qui était un peu caché derrière Hadrien qui joue le solo et lui l’accompagnement de basse. Avec le Kenwood il n’ y a pas besoin de prêter l’oreille.

Puis Sylvain Luc avec son album Joko ( je dirais que c’est du jazz d’avant garde, avec des sons inédits ) Sylvain Luc joue parfois de façon à tirer des sons très aigus, très métalliques sur son électroacoustique. Le Microméga renforçait ce coté métallique. Avec le Kenwood, on retrouve une guitare acoustique, avec un son plus chaud, un peu moins moins agressif.

Enfin je remet un Miles Davis, l’ album avec le Big band de Gil Evans. Je n’aimais pas trop cet album, acheté à la librairie du coin, faute de trouver un autre Miles, pour tester mon premier matériel. Là aussi c’est la dynamique qui m’avait surprise, lorsque la rangée de cuivre lance une attaque..( mais c’est aussi très impressionnant en concert ). Avec le Microméga , les divers instruments du big band ne sont pas confus, on les distingue très bien..

Mais avec le Kenwood j’ai gagné en détails. Je percois mieux les nuances des instruments qui viennent tour à tour ponctuer le très long solo de Miles, et le jeu du contrebassiste Paul Chambers est d’une délicatesse que j’avais moins perçue avec le Microméga..

Le Kenwood DP 1100 SG est vraiment un très bon lecteur de CD , malgré sa conception qui date de 25 ans, il se hisse encore dans le Haut de Gamme.

Parlons un peu de technique.

Avec le Kenwood DP-1100 SG la partie mécanique était à nouveau remise à l’honneur, et le traitement numérique suffisamment sophistiqué pour en faire la référence du moment, avec un prix encore accessible (un peu moins de 7000 F à l’époque).

Le système Multi isolation contre les vibrations du DP 1100 SG :

Kenwood DP 1100 SG  Multi-isolation System

Vue des pieds de l’appareil.

Kenwood DP1100SG Pied amortisseur

Suspension interne du mécanisme de lecture

Kenwood DP 1100 SG suspension interne du mecanisme

Le mécanisme en aluminium coulé de Kenwood

( rien à envier au CD PRO2 LF )

Kenwood DP1100SG Mécanisme de lecture

Les moteurs sont de la marque Canon.

Le Quartz du DAC est monté avec une suspension sur un bloc de mousse, la carte DAC étant elle même montée avec un système anti vibrations ( repère 9 sur le schéma du montage anti vibratoire).

Kenwood DP 1100 SG Quartz suspendu

Beaucoup de choses innovantes, pour éliminer les vibrations et qu ‘on ne trouve pas hélas sur les lecteurs récents moyenne gamme.

Electronique :

Kenwood a apporté une innovation sur ce modèle qui donne un Jitter très très bas, l’emploi de filtres numériques et le multiple échantillonnage.

Ces innovations sont décrites en détail dans les revues audiophiles de l’époque.

ajouter liens

Présentation de l’électronique :

La notice très détaillée facilite les choses.

Ce paragraphe a été développé dans un autre article

Etude schéma du DP1100-SG/

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2 commentaires pour Lecteur de CD Haut de Gamme Kenwood DP 1100 SG ( 1988 )

  1. Robinson dit :

    Bonjour,
    Bravo pour vos articles, c’est très intéressant. J’apprends bcp de choses pour un novice comme moi.
    Question: j’ai trouvé ce lecteur CD en bon état pour 150 euros. Est-ce un bon prix ?
    Merci.
    Olivier

  2. droopyvert dit :

    Bonjour,
    Je suis vraiment bluffé par votre blog, et vous rejoins tout à fait à propos des cymbales, et du problème des lecteurs CD que je considère comme le point faible des chaînes.
    Les cymbales: c’est un des motifs de mécontentement du numérique et des CD en particulier.
    Dans mon « Top Ten » perso il y avait un vinyle que je n’ai pas vraiment retrouvé sur le CD: « Night Train » de Oscar Peterson, où le scintillement des cymbales est pour beaucoup dans le plaisir, la fascination créée par le morceau éponyme. Rien de tel à l’écoute sur le CD (d’une série économique), qui avait reçu une transcription bâclée, mais ce n’est sans doute pas le seul facteur. Sur mon installation, la comparaison entre le vinyle et le CD, tout était identique (Ampli Tuner Sansui 310, dont je me suis séparé dans un moment d’égarement, et boules Elipson 402) à part le support et le lecteur (ou la platine Thorens 145 avec uns Shure V15 III puis TD 160) mais le scintillement métallique des cymbales faisait place à une bouillie épaisse.
    Même frustration avec l’album « Abraxas » de Carlos Santana.
    Insupportable, surtout avec le délire pseudo technique avec quoi on nous a vendu le numérique dans les années 80. Alors que mon Nakamichi 550 me permettait des copies quasi parfaites mais avec un pouième de souffle, qui ne me gêne pas, d’autant que j’enregistrais plutôt à -10 db pour la bande passante.
    Bien sûr, la cassette malgré ses qualités trouve ses limites sur certains instruments, avec le clavecin c’est au mieux limite et au pire insupportable.
    Début 91, déménagement, nouvelle chaîne avec Ampli tuner et lecteur CD Yamaha, enceintes Françaises « Audio Référence » correctes et magnéto K7 Denon DM 810 3 têtes excellent (mais moins que le Nak).
    Cet ensemble va très bien, sauf les enceintes (suspension des boomers parties en lambeaux, ce qui d’ailleurs ne les empêchait pas de fonctionner), donc remise en service des Elipson, et le lecteur qui refuse certains CD, est pris de bégayage et que je ne sais pas réparer.
    Alors commence la recherche de lecteurs, de préférence anciens et bon marché.
    Parmi eux le Philips 723, correct d’origine, le Radiola 1540 (je crois) agréable et dépourvu d’agressivité, et la console Sony PS1, certes un peu folklorique à utiliser avec une chaîne hifi (avec des sortie RCA et une télécommande) mais qui est le meilleur lecteur que j’aie eu jusqu’ici.

    Actuellement confiné dans un deux pièces minuscule pour cause de travaux dans ma maison, je dois me contenter de mon Mac book et de deux mico enceintes pour ordinateur, donc je lutte contre la frustration grâce à ce site en attendant mieux, car pour l’instant, à part jouer sur la position des mini enceintes et constater que l’oreille s’habitue (et sans doute les cellules grises, qui semblent faire comme s’il y avait des basses) rien à faire.

    Merci encore pour cette documentation abondante.

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